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Le défi de la thérapie cellulaire

17 banques tissulaires vont être regroupées sur six sites : Tours, Bordeaux, Marseille, Lyon, Créteil et Besançon. Objectif : améliorer l’efficacité de l’activité d’ingénierie tissulaire sur un marché de plus en plus ouvert. Et confirmer la position de l’EFS comme l’un des grands acteurs du secteur.

En juin 2006, le CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) et l’EFS signent une convention d’une durée de trois ans portant sur la recherche et le développement clinique en thérapie cellulaire. Cette collaboration prévoit le transfert des savoir-faire acquis par une équipe du laboratoire “Neurologie, Plasticité cellulaire et métabolisme énergétique” du CNRS vers le service d’Ingénierie Cellulaire de l’ETS Pyrénées-Méditerranée. Les deux structures se placent ainsi comme des acteurs incontournables de la médecine reconstructrice pour des pathologies très fréquentes (infarctus, artérites, reconstructions osseuses…).


Les thérapies tissulaires et cellulaires ont le vent en poupe. La première applique les principes de l’ingénierie et des sciences de la vie pour développer des substituts biologiques qui vont restaurer, maintenir ou améliorer la fonction des tissus. Exemple le plus connu et le plus pratiqué : la greffe de cornée. Désormais, la recherche s’oriente vers le sur-mesure, c’est-à-dire la fabrication de tissus parfaitement adaptés au patient et à sa pathologie. De leur côté, les thérapies cellulaires visent à prévenir ou traiter les pathologies humaines en administrant des cellules sélectionnées, multipliées et modifiées ou ayant reçu un traitement pharmacologique, le tout en dehors du corps. Ces cellules peuvent provenir du patient, d’un donneur, d’une autre espèce ou d’une lignée cellulaire. Il existe deux stratégies thérapeutiques : soit utiliser des cellules souches pouvant se substituer aux cellules ciblées ; soit injecter des cellules saines capables de produire une substance dont a besoin l’organisme.


Depuis la mise au point dans les années 70 de la séparation du plasma des produits cellulaires du sang, jusqu’à l’isolement, la cryoconservation et l’expansion des cellules mononuclées, l’EFS a acquis une compétence et une crédibilité en matière d’ingénierie cellulaire et tissulaire. Avec trois domaines d’expertise, selon Isabelle Desbois, responsable du pôle ingénierie tissulaire et cellulaire à la DMS : « La cryoconservation de cellules ou de tissus (cornée, os, valves cardiaques, artères, cellules) ; le système d’assurance qualité et la traçabilité ; enfin les recherches fondamentales en thérapie cellulaire menées conjointement avec des laboratoires notamment de l’Inserm et du CNRS. » Ces dernières concernent les cellules souches hématopoïetiques (CSH) pour les greffes de moëlle ; les cellules mésenchymateuses, pour produire des cellules du cœur par exemple, et les cellules immunitaires.


Si sa légitimité apparaît clairement, reste à l’EFS à s’imposer sur un marché de plus en plus ouvert. Témoin, « une directive européenne vise à harmoniser les pratiques, donc à permettre aux différents acteurs d’intervenir partout en Europe », remarque Mathieu Legrain, responsable des études économiques.
Cette directive a d’ailleurs incité  l’EFS à réclamer un business plan sur le sujet, dressant un état des lieux de la situation européenne, de l’organisation française et des recommandations pour que l’EFS soit capable de répondre aux besoins français et d’exporter ses produits. Conclusion du business plan : l’EFS dispose d’un fort potentiel, mais trop dispersé pour être compétitif. La recommandation principale vise à regrouper les 17 banques tissulaires sur six sites avec chacun sa spécialité. « Il s’agit de passer d’un mode artisanal à une organisation industrielle, pour être plus efficace et plus compétitif », résume Mathieu Legrain. L’essentiel des conclusions du business plan est validé en novembre 2006 par le Comité d’organisation stratégique (COS, voir encadré) qui rassemble des experts de l’EFS, mais aussi des cliniciens, des spécialistes de biomédecine, etc. « Cette réorganisation doit être menée avec beaucoup de précaution, insiste Isabelle Desbois. En interne bien sûr, mais également vis-à-vis de l’externe. Il ne faut pas oublier que nous dépendons totalement des cliniciens exerçant dans les établissements de soins pour les prélèvements. » Des correspondants locaux assureront donc le lien entre ces cliniciens et la banque de tissus dont ils dépendent. Pour l’heure, la réorganisation a démarré à Tours, choisi comme site pilote. La cité tourangelle rassemblera les activités tissulaires de Nantes, Brest et Rennes. Prévu pour s’achever courant 2008, ce premier regroupement servira de modèle aux autres sites : Bordeaux, Marseille, Lyon, Créteil et Besançon.