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Don du sang : quelques minutes pour le gain d’une vie !

Le don de sang est une urgence vitale pour les receveurs et une démarche simple pour les donneurs.

Pour autant, la mobilisation peine et les besoins demeurent difficiles à combler. Alors, faisons concrètement le point sur ce don et son irremplaçable utilité.

Donner son sang est un acte «normal et utile»:
Nous sommes 88 %* à le penser. Donner son sang au cours des six prochains mois :nous sommes 34 %* à en avoir l’intention. Donner son sang tout simplement : nous sommes 4%* seulement à l’avoir fait dans l’année ! Les contre-indications médicales, le manque de temps, le fait de «ne pas y penser » n’expliquent pas à eux seuls un tel décalage. Nous sommes freinés dans notre élan pour d’autres raisons, comme le manque d’information ou encore les peurs qui subsistent autour du prélèvement.

Profitons-en pour répondre à ce déficit et essayer de lever ces craintes.

 

QUELS SONT LES BESOINS ?

Chaque année, environ 500 000 personnes bénéficient d’une transfusion sanguine pour sauvegarder leur vie. Pour répondre à leurs besoins, plus de 2,5 millions de dons annuels sont nécessaires. «50% des dons sont destinés à la chirurgie (ostéo-articulaire, pédiatrique, urgence, etc.), 25 % à l’hématologie (maladies du sang, etc.) et 25 % sont utilisés pour traiter les troubles liés au vieillissement (anémies chroniques) et les maladies dégénératives», rapporte Philippe Rouger, directeur général de l’Institut national de la transfusion sanguine (INTS) et président de la Société française de transfusion sanguine (SFTS). Dans le service d’immuno-hématologie pédiatrique de l’hôpital Robert Debré (Paris), une quinzaine de transfusions par jour sont pratiquées. «Plusieurs de nos jeunes patients atteints de leucémie aiguë ont besoin de transfusions plusieurs fois par semaine et ce, pendant plusieurs mois», précise Marie Ouachee, l’une des médecins.

Sachant que les produits issus du sang ont une durée de conservation limitée, pouvoir compter sur des donneurs réguliers est vital afin de disposer de réserves suffisantes et d’assurer les transfusions de manière continue. « D’une manière générale, les stocks de sang total constituent, au mieux, une réserve de dix douze jours, pas plus», précise Jacques Pellissard,secrétaire fédéral de la Fédération française pour le don de sang bénévole (FFDSB). De plus, il ne s’agit pas seulement de faire face aux urgences quotidiennes, il faut aussi anticiper le manque. «Certaines périodes de l’année sont particulièrement difficiles (mois d’été, grands ponts) : les donneurs se font plus rares et les stocks de sang sont plus bas. Il faut gérer ces situations et, souvent, faire des appels urgents au don», ajoute Marie Ouachee.

 

QUI PEUT DONNER ?

Si chacun d’entre nous peut un jour avoir besoin de sang, pouvons-nous tous donner ? Des critères, destinés à protéger la santé de celui qui donne et à assurer la sécurité de celui qui reçoit, ont été mis en place : comme être en bonne santé, avoir entre 18 et 65 ans révolus et peser au moins 50 kilos. Par mesure de précaution, la prise de certains médicaments, les infections récentes, l’anesthésie ou l’hospitalisation (dans les six mois précédents), la pratique de piercing et tatouages et les voyages dans un pays à risque de paludisme (dans les quatre mois précédents), etc., constituent par ailleurs des contre indications temporaires. Enfin, les personnes ayant subi une transfusion ou une greffe d’organe, ou présentant une pathologie ou situation incompatible avec le don de sang (maladies chroniques et neurologiques graves, groupes à risque de transmission des maladies virales, etc.) en sont exclues. « Chaque candidat remplit un questionnaire pré-don portant sur son mode de vie, ses antécédents médicaux, etc.Il voit ensuite un médecin avec lequel il dialogue etqui l’examine », explique Jacques Pellissard, qui ajoute : «La sincérité des réponses est la meilleure garantie pour tous.» A la fin de l’entretien, le médecin détermine si le candidat peut donner ou non.

 

COMMENT SE DÉROULE UN DON ?

La quantité prélevée lors d’un don de sang total varie en fonction du poids : au maximum 8 ml par kg, sans dépasser 500 ml. Le volume de plasma prélevé ne doit pas dépasser, lui, 600 ml par séance. Quant au prélèvement pour un don de plaquettes, il est de 600 ml au maximum mais, ensuite, seules les plaquettes sont conservées, les autres éléments sont restitués. Temps nécessaire à l’acte de prélèvement : de 5 à 10 minutes pour le sang total, 45 minutes pour le plasma, environ 2h30 pour les plaquettes. Une surveillance médicale constante, un matériel stérile et à usage unique (qui élimine tout risque de contamination) garantissent une entière sécurité. Contrairement à une idée reçue, manger avant un don est recommandé (léger repas, sans trop de matière grasse), et permet d’éviter les malaises. «Le don setermine par un repos d’une dizaine de minutes et une légère collation. Au final, pour un don de sang total,la présence sur le lieu de la collecte est de trois-quart d’heure environ», souligne Jacques Pellissard.

Données: Valeurs mutualistes n°254 mars/avril 2008 - Valeurs mutualistes n°254 mars/avril 2008

 

 

Le don à la peine

• En 2006, 4,1 % des Français en âge d’être prélevés ont donné leur sang. C’est à peine mieux qu’en 2005 (4 %) mais au même niveau qu’en 2002, 2003 et 2004.

• Les femmes représentent la majorité des donneurs (50,8 % en 2006). Les moins de 30 ans se mobilisent de plus en plus (34% en 2006), alors que les 30-49 ans sont en baisse régulière depuis 1998 (-7,7 % depuis cette date).

• Les 50-65 ans restent les donneurs les plus actifs, avec un don moyen annuel de 1,8 (contre 1,3 pour les 18-29 ans).

Source : enquête du Credoc et du Cerphi, octobre 2007.