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Des organes prélevés à Périgueux pour Bordeaux

PREMIERE – Autorisé depuis novembre à prélever des organes, le centre hospitalier a réalisé sa première greffe

C’était le premier défi de l’équipe chirurgicale dorénavant autorisée à faire des prélèvements d’organes : réussir sa première opération. C’est chose faite avec deux reins prélevés à Périgueux et greffés à Bordeaux.

La première s’est déroulé un samedi matin du mois de février. Une opération délicate de quatre heures et demie. Au terme de cette intervention, nouvelle pour Périgueux, deux reins ont été prélevés. Transportés à Bordeaux, ils y ont été greffés avec succès. Une première pour l’Hôpital de Périgueux depuis qu’il a l’autorisation de prélèvement, obtenue fin novembre. Une intervention qui a été mûrement préparée, il a fallu s’organiser. Des accords ont été passés avec l’aéroport de Bergerac, des compagnies de taxi et même la brigade motorisée de Périgueux car l’équipe chirurgicale est venue de Bordeaux. Tout est question de timing. « Il fallait anticiper le retour des équipes. C’était très stressant », confie Liliane Charrier, médecin coordinateur des prélèvements d’organes. Mais finalement, l’intervention s’est « bien déroulée » …

 

Extrait de l’article de : Mélanie Le Beller

 

TROIS QUESTIONS A : Jean-Paul FRIDRICK, président de l’Amicale de Périgueux des Cheminots pour le Don Bénévole.

 

« Ce premier prélèvement est une bonne nouvelle »

 

Actuellement, en Dordogne, deux malades sont en attente d’un cœur, une en attente d’un foie, 32 en attente d’un rein. Jean-Paul FRIDRICK est président de l’Amicale des Périgueux des Cheminots pour le Don Bénévole. Une association elle-même associée à l’ADOT (Association pour le Don d’organes et de tissus humains). Pour lui, le premier prélèvement effectué à Périgueux est une « bonne nouvelle »

 

DL : Pour les associations de donneurs d’organes, un centre de prélèvement à l’Hôpital de Périgueux, qu’est-ce que ça change ?

 

Jean-Paul FRIDRICK : C’est un argument supplémentaire pour la promotion du don bénévole. C’est plus concret, plus proche. Cela ne se passe pas ailleurs, à Bordeaux ou à Limoges. Mais à Périgueux.

 

DL : La proximité peut aider certaines familles réticentes à franchir le pas ?

 

Jean-Paul FRIDRICK : Je pense, oui. Il ne sera plus question de transport de corps. C’était un obstacle fort. Ce sera plus facile quand les gens seront devant le fait accompli, pour le centre de coordination, de la décider.

 

DL : La nouvelle d’un premier prélèvement effectué, cela prouve que ça fonctionne ?

 

Jean-Paul FRIDRICK : Il faudrait qu’on ait un retour d’information pour qu’on puisse communiquer. Plus on en parlera, plus ça rentrera dans les mœurs, plus on arrivera à démystifier le don d’organes. Il y a encore beaucoup de réticences. L’intégrité du corps, beaucoup y sont encore accrochés.

 

Propos recueillis par Marianne Riboulet

 

Source : DORDOGNE LIBRE – Mercredi 5 mars 2008 – PERIGUEUX & AGGLOMERATION