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40 ans de greffes du coeur

Depuis la première transplantation cardiaque réalisée en France il y a 40 ans par le professeur Christian Cabrol et son équipe, de nouvelles techniques
ont rendu l’exercice plus sûr. Face au manque de donneurs, d’autres voies de recherche sont explorées.

Le 27 avril 1968, le professeur Christian Cabrol expliquait la première transplantation cardiaque à la presse.

Il y a 40 ans, le premier patient transplanté du coeur n’avait survécu que 53 heures. Aujourd’hui, le taux de réussite
des greffes cardiaques atteint près de 80 % et l’espérance 7 de vie est de 12 à 13 ans après transplantation.
«On peut dire qu’on a transformé l’essai initié en 1968», nous a confié hier le professeur Christian Latrémouille,
chargé des transplantations cardiaques à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris. «Chaque jour, une transplantation
cardiaque a lieu en France, et dans le cas où il y a un rejet du greffon, au bout de plusieurs années on peut même
envisager, si l’état du patient le permet, d’effectuer une nouvelle transplantation», précise-t-il. Une maîtrise chirurgicale
qui ne cesse de s’améliorer puisque, tous les cinq ans, les courbes de survie sont revues à la hausse.

231 patients décédés en 2007 faute de greffe

Seule ombre au tableau, le nombre encore trop faible de donneurs. Selon l’Agence de la biomédecine, plus de
13 000 patients ont eu besoin d’une greffe d’organe en 2007 et 231 sont décédés faute de recevoir un greffon
à temps. Seulement 4 664 greffes ont été réalisées en France l’an dernier. Un nombre certes en augmentation par
rapport à 2006 mais qui reste encore insuffisant. Pour pallier cette pénurie, la loi de 1994 a modifié les conditions
de dons d’organes. Aujourd’hui, ceux qui refusent tout prélèvement doivent impérativement s’inscrire sur un registre
national. Faute de quoi tout citoyen français est considéré comme un donneur potentiel. Auparavant, la loi de 1976
prenait en compte un refus oral et l’avis des familles. «Néanmoins, dans la pratique, les équipes médicales
demandent généralement l’avis des membres de la famille avant d’agir», indique le professeur Christian Latrémouille.
Actuellement 30 % des familles refusent encore le prélèvement demandé par les médecins sur l’un de leurs proches,
d’où la nécessité d’explorer d’autres voies de recherches.

«L’espoir peut venir entre autres des animaux»

«Il existe des voies de recherches, très explorées dans les années 1990, notamment sur le porc, qui présente
des similitudes physiologiques avec l’homme au niveau de son coeur, ou encore sur le singe. Et, bien qu’il reste
de nombreux problèmes (immunologiques, surtout), l’espoir pourrait venir entre autres des animaux», explique
le professeur. De même, «le système d’assistance circulatoire», sorte de coeur artificiel fonctionnant à l’aide
d’une pompe placée entre le ventricule gauche et l’aorte et reliée par un câble sortant de la peau à une
source d’énergie externe, est à l’étude. Ils pourraient bientôt fonctionner sans câbles mais par ondes électromagnétiques.
Autre voie de recherche envisagée, les cultures de cellules vivantes ou saines qui sont, après avoir été démultipliées,
réinjectées au patient. Pour l’heure, aucun de ces domaines n’a encore donné pleinement satisfaction, d’où l’urgence,
d’après le professeur Latrémouille, «d’optimiser les dons d’organes».

Extrait de LILLEPLUS du 28/04/08